© Jef Rabillon
Rencontre de deux personnalités touchantes et drôles, de deux univers, Titi Zaro séduit par sa douceur et sa force.
S'accompagnant d'une scie musicale, d'un ukulélé ou d'une guitare, Coline Linder articule ses textes autour de la féminité, du corps, d'un quotidien poétique. Au cajón, au kayanm, à la derbouka et toutes sortes de percussions, Oriane Lacaille apporte à la musique de Titi Zaro les notes et les mots empreints du métissage des grands voyages.
Leurs racines s'emmêlent, leurs deux cultures (sépharade- réunionnaise) parlent de la mémoire des peuples, du besoin de voyager par les mots et la musique.
Ensemble, elles composent et arrangent leurs morceaux à la recherche de cette couleur qui leur est propre.
Un père zaïrois, une mère espagnole, Davy a grandi, guitare en bandoulière, entre Perpignan et Lubumbashi.
Auteur, compositeur et interprète, sa musique respire le groove, le blues et le funk.
Il est seul sur scène avec sa calebasse, ses accessoires, ses guitares et des textes malicieux et
pleins de poésie qui nous content sa vie comme si c'était la nôtre.
Avec l'idée qu'il existe une chanson nouvelle, libre, sans frontières, il poursuit sa recherche d'un univers plus intime, d'une approche qui lui permette de s'exprimer simplement, sans entraves, ni artifices... À nu.
Complicités insulaires... C’est en 2008 qu’eut lieu la rencontre du réunionnais Danyèl Waro et du corse Jean-Claude Acquaviva, aussi coriaces l’un que l’autre, aussi viscéralement attachés
à leur île.
Prenant à son compte le maloya, Danyèl Waro chante l’amour de sa terre et de tous ceux qui y vivent, mais aussi sa colère face aux abus du passé, aux inégalités du présent. C’est dans le
créole de son île, à travers la bouleversante chaleur de sa voix généreuse, qu’il transmet ardeur et fureur.
De même, et bien qu’il arrive à l’ensemble A Filetta de voyager du côté de l’italien, du géorgien ou du latin, c’est évidemment la langue corse qui vit au cœur de ses chants. Tout comme Danyèl Waro, Jean-Claude Acquaviva, accorde sa confiance aux paroles, à leur rythme et cadence. Pour l’un comme pour l’autre, il ne s’agit pas de « maintenir » une tradition, encore moins de s’y enfermer, mais de la faire vivre.
Cette rencontre se devait de trouver une suite : insulaires, résistants, poètes et défenseurs de leur langue, voilà déjà quelques atomes crochus qui engageaient Danyèl Waro, ses musiciens et A Filetta à monter un projet commun.
Mais les voix décalées d’A Filetta, qui invitent à l’écoute du sacré dans une langue corse vivace et ciselée et le créole réunionnais de Danyèl Waro, au travers de ses textes poétiques et politiques, demandent toujours plus d’engagement vocal.
Désirant poursuivre ce travail et trouver de nouveaux arrangements polyphoniques, les deux ensembles élargiront leur répertoire commun lors d’une résidence à la Réunion suivie d’une tournée nationale dont les 24es Musicales donneront la première à Bastia.