Jean VASCA : un immense poète nous a quittés

Il est des hivers plus sombres que d’autres, des hivers qu’on voudrait pouvoir chasser de la mémoire.

Le 21 décembre 2016, premier jour de l’hiver, aux petites heures froides qui précèdent l’aube, Jean VASCA s’en est allé dans son sommeil, à l’âge de 76 ans. Rien pourtant ne laissait entrevoir la disparition brutale de cet artiste qui avait joué son « solo solaire » en dévorant la vie à belles dents.

A bien le connaître, on sentait immédiatement à quel point il était porté par le désir de « vivre en flèche ». Je dis à bien le connaître, parce que Jean n’était pas d’un abord facile, à cause sans doute d’une vie quelque peu cabossée qui suintait ici et là dans ses chansons : il fallait oser briser la glace, s’aventurer dans les contrées de l’intime, et le personnage livrait alors ses secrets, ses passions, son ivresse d’être, son humanité.

La Corse ? Il en avait fait, avec Annie, sa compagne de toujours, sa patrie, son île de cœur parmi toutes les îles qu’il portait en lui. Pendant 45 ans, il est venu à maintes reprises pour s’y produire et visiter son petit cercle d’amis. Pendant tout ce temps aussi, nous, les fidèles, les porteurs de parole, les fabricants de rêve, n’avons cessé, au travers de ce qui deviendra la B.I.P. (Brigade d’Interventions Poétiques), d’incarner à notre manière les textes et les chansons de Jean Vasca.

Sa fidélité à la Corse lui valut de recevoir en 1997 la médaille de citoyen d’honneur de la Ville de Bastia. C’est d’ailleurs à Bastia qu’il avait rencontré Léo Ferré, son mentor en quelque sorte. Qu’on se souvienne des belles soirées au Théâtre et puis des nuits à refaire le monde à la Taverne d’Achille… Et si Léo était aussi pour moi un phare, un père spirituel pourrait-on dire, avec le départ de Jean Vasca c’est mon grand frère que je perds aujourd’hui, mon frangin, sans lequel peut-être je n’aurais jamais écrit la moindre ligne.

La dernière fois que Jean s’est produit en Corse, c’était à Bastia et Migliacciaru au lendemain des attentats du 13 novembre. Un chant de partage et de résistance contre l’innommable, l’insoutenable où, avec « quelques amis encore fréquentables » nous étions venus célébrer de la voix et du geste ses 50 ans de chanson et de poésie (oui, la bagatelle de 26 albums, de nombreux recueils de poèmes et de textes et même des thèses consacrées à son œuvre) : Virginie Cervoni, Celia Picciocchi, Paul-Gérard Savelli, Jipé Kahèm et Jean-Jacques Gil n’oublieront pas de si tôt cette rencontre aussi éphémère qu’intense et émouvante.

50 ans de chanson et de poésie donc, avec, dans les années 70, après les cabarets rive gauche, la reconnaissance enfin sous l’impulsion en particulier à Luc Bérimont, poète et animateur de radio qui va mettre Jean Vasca sur orbite. S’en suivront une série d’albums chez RCA avec son ami et arrangeur Michel Devy ; une pléiade de récompenses parmi lesquelles en 1976 le Prix des critiques de variété pour on 7ème album Rêve ou meurs, en 1978 le Grand prix de l’Académie du disque pour Célébrations et en 1979 le Grand prix de l’Académie Charles Cros pour son 9ème album De doute et d’envol ; enfin, outre de nombreuses tournées, des passages dans des salles mythiques comme l’Olympia en 1974 et 1976, le Théâtre de la Ville en 1978 ou le Printemps de Bourges en 1977 et 1987 et plus tard le Théâtre Dejazet en 1989 et le Café de la Danse en 1992.

50 ans sans concession, ce qui lui vaudra d’être mis peu à peu dans la marge mais toujours avec la fidélité d’un public inconditionnel, fervent amoureux du verbe.

De cet auteur-compositeur-interprète hors norme résonneront longtemps encore les mots. Ces mots qu’il savait apprivoiser avec une élégance inégalable, qu’il ciselait comme du cristal pour un hymne à l’été et à la vie (« C’est un matin sucré comme un ventre d’abeille… ») ou bien qu’il taillait avec force dans le granit pour muer la colère en espoir afin de « recoudre les lambeaux de la beauté du monde ».

A propos de son dernier opus Saluts ! paru fin 2015, Jean Vasca me confiait : « Je pense que c’est le dernier, je vais tirer ma révérence ». Un présage qu’on aurait préféré ne pas voir se réaliser.

L’une des plus belles plumes de la chanson contemporaine vient de se taire. Pas pour longtemps. Je suis sûr que les textes de Jean Vasca chemineront au fil du temps et qu’un jour même, si ce n’est déjà fait, leur écho vibrera dans la tête des écoliers comme un chant de fraternité :

 

« Amis soyez toujours ces veilleuses qui tremblent

Cette fièvre dans l’air comme une onde passant

Laissez fumer longtemps la cendre des paroles

Ne verrouillez jamais la vie à double tour »

 

Pace a te, O Ghjuvan !

 

Raoul Locatelli, 22 décembre 2016

 


Pour Jean Vasca

 

 

Une montagne s’est effondrée en silence au milieu de la nuit. Elle était là, immuable, dans le paysage de ma vie. Plus puissante que la surface des eaux, elle s’érigeait très haut dans l’azur. Elle m’appelait souvent dans l’écho fraternel d’une douce vallée. Sur son sommet brillait un soleil écarlate. De ses vignes, sur ses flancs ruisselaient des vins d’aubes, plus rares que le silence des mots. Elle était mon relief, mon cirque, mes moraines. J’ai bu avec elle plus que de l’espérance : des aurores de rires, la tête à moitié langue, à célébrer le désordre minéral, les ruines du temps qui berce l’incandescence de quelques météores de passage. Oui c’était une haute montagne. Elle s’élevait au milieu d’un archipel oublié, perdue dans un océan bleu que ne connaissent aujourd’hui que quelques navigateurs amoureux, épris comme nous-mêmes d’incroyables transparences. Elle s’est effondrée mais elle reste en moi dressée comme une œuvre de partage au pied de laquelle se rassemblent déjà des guides de traverse pour le désir intense et inaliénable du chant des hautes altitudes.

 

 

Bruno Ruiz, 22 décembre 2016

 

 

 


BIENVENUE sur le site des 29èmes MUSICALES DE BASTIA !


PROGRAMME

Découvrez le détail du PROGRAMME ICI

 

lundi 14 novembre

18h30 - Alb'Oru

FILM de Mathias Malzieu et Stéphane Berla

Jack et la mécanique du coeur 

 

mardi 15 novembre

21h - théâtre de Bastia

DIONYSOS

 

mercredi 16 novembre
18h30 - Théâtre de Bastia

FILM de Clint Eastwood, musique de Clint et Kyle Eastwood

Mystic River

 

jeudi 17 novembre

21h - théâtre de Bastia

PROTOCOL INCONU

KYLE EASTWOOD

 

vendredi 18 novembre 

21h - Centre Culturel Alb'Oru

LES P'TITES OUVREUSES

JAKEZ ORKEZTRA 

23h - Centre Culturel Alb'Oru

TRES Y COMPADRES (animation musicale) 

 

samedi 19 novembre

15h - Salle des congrès (théâtre de Bastia)

SEXTUOR EPONYME 

18h - théâtre Jeanne d'Arc

SABRINA SARAIS et NANO

21h - théâtre de Bastia

A FILETTA - YILIAN CANIZARES

23h - théâtre de Bastia

TRES Y COMPADRES (animation musicale) 

 

et encore ...

Spectacles jeune public

ateliers pédagogiques


BILLETTERIE

TARIFS

 

concerts Théâtre :

tarif plein : 30 €

tarif réduit :

groupe 10 personnes, CE, abonnés théâtre et Alb'Oru : 25€

jeunes -25 ans, demandeurs d'emploi, RSA : 15€

concerts autres salles :

tarif plein : 15 €

tarif réduit :

groupe 10 personnes, CE, abonnés théâtre et Alb'Oru : 12€

jeunes -25 ans, demandeurs d'emploi, RSA : 8€

 

Films : places offertes !

 

PASS FESTIVAL avec accès à tous les concerts : 80€

 

RÉSERVEZ VOS PLACES

 

- En ligne, à partir du 18 octobre 2016 sur le site de CORSE BILLET : www.corsebillet.co

- à partir du 02 novembre :

> à la billetterie du Théâtre  de Bastia de 9h-12h / 14h 17h du lundi au vendredi (0495 34 98 00)

> à la billetterie de l'Alb'Oru de 9h-18h du mardi au vendredi (0495 47 47 00)

(Places assises non numérotées - Nombre de places limité - Pré-achat recommandé)


 

Possibilité de paiement par PASS CULTURA.
Information : www.passcultura.corse.fr 


RESTAURATION

Un bar et un service de restauration rapide seront proposés pour chaque soirée aux spectateurs.


CONTACTS

Renseignements : 06 02 05 28 32 / 04 95 32 75 91

Mail-contact : musicalesdebastia@wanadoo.fr

Adresse postale : Espace Sant'Angelo - Rue Sant'Angelo - Bureau n°5 - 20200 Bastia


L'ASSOCIATION

Licences d'entrepreneur de spectacles :  2-1006120  &  3-1058771

BUREAU

Co-Présidents : Marie-France Boulanger & Raoul Locatelli

Trésorier : Marc Deguy

Secrétaire : Marianne Dominici

Secrétaire adjoint : Jean Marc Valentini

Contact programmation : musicalesdebastia@wanadoo.fr


LES MUSICALES SONT MEMBRES DE :



PARTENAIRES

Partenaires institutionnels

• Ville de Bastia

• Collectivité Territoriale de Corse

• Contrat Urbain de Cohésion Sociale de la Ville de Bastia

• Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des Chances

• Département de la Haute-Corse

• Cap sur la Corse - Office de Tourisme de l’Agglomération Bastiaise

 

Partenaires professionnels

 • SACEM - Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique

 

Partenaires privés

• Crédit Mutuel

• La Poste

• Air Corsica

• Brasserie Pietra

• So.Co.Bo

• Corsica Ferries

• Eaux de Saint Georges

Partenaires média

• France bleu RCFM

• Corse Matin / Nice Matin

• France 3 Corse - Via stella

 

Partenaires culturels

 CCAS de Corse - Caisse Centrale d'Activités Sociales du personnel des industries électriques et gazières

 

Les Musicales remercient :
• Les Vignerons de Patrimonio

• Charcuterie San Lorenzo

• Fromagerie Ottavi

• Confiserie Saint-Sylvestre

 

Remerciements particuliers pour l’organisation du festival :
• Personnel du Centre Culturel Alb'Oru et techniciens du Theatre Municipal de Bastia

• Services Techniques et Voirie de la Ville de Bastia

• Association Alpha